Les salariés Safran reprennent le travail après la période estivale avec des inquiétudes multiples particulièrement légitimes.
Les salariés Safran reprennent le travail après la période estivale avec des inquiétudes multiples particulièrement légitimes.
Les prix ont explosé cet été, les passages à la pompe atteignent des sommets, les prix des produits de première consommation se sont envolés, les taux de crédits et les loyers grimpent, …
A cela s’ajoute la crise climatique qui aura de manière certaine, comme effet direct, de produire une envolée des prix liée aux coûts des matières premières agricoles en cette fin d’année et sur 2027 à minima. Et que dire des coûts des assurances…?
La crise politique n’est pas en reste, les points chauds se multiplient au niveau international avec pour première conséquence l’emballement du prix de l’énergie ne laissant plus aucun doute quant à un possible retournement de tendance avant plusieurs années… Du coté Français, la perspective de l’élection présidentielle à venir donne lieu à une surenchère libérale dont les premiers effets se feront ressentir, à n’en pas douter, lourdement sur les salariés et ce dès l’application du budget 2027…

Seul point positif, et c’est une bonne nouvelle, la santé du groupe Safran ne souffre d’aucun soubresaut. Dans sa communication du 28 Juillet 2026 la direction nous annonce des « Résultats en très forte hausse et rentabilité record au premier semestre, révision à la hausse des perspectives annuelles ». Les années se succèdent et c’est une constante: les objectifs sont dépassés de semestre en semestre avec des chiffres difficilement palpables. Les milliards s’enchaînent et sont transférés pour grande partie aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachats d’actions.
Pourtant la politique salariale 2026 ne met pas à l’honneur Safran. Pour l’instant cette année constitue un des plus importants recul du pouvoir d’achat des salariés depuis la création du groupe. Les négociations dans les sociétés ont abouti à des accords d’un niveau autour de 2% avec souvent la seule garantie d’une Augmentation Générale pour les non-cadres autour de 0.7%…
Lors des négociations en début d’année la prévision d’inflation était de 0,9%. Aujourd’hui les perspectives prévoient un niveau d’inflation au-delà de 3% en fin d’année…
Dans l’urgence, nous demandons sans délai l’octroi pour tous les salariés d’une Augmentation Générale compensant cet écart au titre de 2026.
La CGT fait de l’indexation des salaires sur l’inflation un de ses objectifs principaux (en augmentation générale).
Vous trouverez ci-dessous des exemples de mobilisations récentes ayant porté leurs fruits dans des groupes de l’aéronautique. Ces résultats, portés par l’action collective, démontrent l’absence de barrière économique à augmenter les salaires.
Si la direction refuse de compléter la politique salariale 2026, la CGT engage dès à présent les salariés à réunir les conditions d’une mobilisation massive permettant d’obtenir de réelles avancées salariales et sociales.
L’INDEXATION DES SALAIRES
Airbus en Espagne :
Les salariés d’Airbus en Espagne ont arraché, le 04 Septembre 2026 et après onze jours de grève, une proposition de la direction comprenant :
une indexation des salaires sur l’inflation
à laquelle s’ajoute une hausse du pouvoir d’achat d’ici 2030 de 7.6% (répartie à hauteur de +2 % en 2026, 2027, 2028 et +1,95 % en 2029).
En Novembre 2025, 3200 salariés en grève chez Boeing (Militaire) dans le Missouri (fabrication F15 et F18) obtiennent après 3 mois de grève :
45% d’augmentation en moyenne des salaires sur 5 ans
Une prime de 6 000 $
Le salaire annuel de base va passer par étapes de 75.000 dollars en moyenne à 109.000 dollars au terme des cinq ans de l’accord social.
INGENIEURS EN LUTTE
Chez Boeing aux Etats Unis, le 11 septembre 2026, le syndicat SPEEA (syndicat des ingénieurs scientifiques et professionnels techniques, environ 17000 salariés) a obtenu un accord, avec seulement une menace de grève à partir du 07 octobre prochain. Cet accord prévoit une augmentation générale garantie de 10% dès le 16 octobre. Elle serait suivie d’une hausse de 4% en mars 2027. Pour les années 2028, 2029 et 2030, Boeing prévoit des enveloppes salariales de 6%, avec une augmentation individuelle garantie d’au moins 4%, à laquelle pourraient s’ajouter des hausses liées au mérite.
Safran Canada :
Nos camarades du site de Mirabel au Canada ont obtenu en juillet 2024, après six semaines de grèves des augmentations de salaires de 21% répartis comme suit :
- 10% en 2024
- 4% en 2025
- 3.5% en 2026
- 3.5% en 2027
MTU Aero Engines (Allemagne, mars 2025)
Après dix jours de négociation et quelques arrêts de travail ponctuels, IG Metall obtient la signature d’un accord prévoyant une augmentation salariale de 9% sur deux ans.
En Novembre 2024, à la suite d’un conflit historique des 33 000 machinistes chez Boeing aux Etats Unis, ils obtiennent :
- Une augmentation salariale de 44% sur 4 ans donc 38% en augmentations générales
- Une prime de 12 000 $
Ces augmentations porteront à la fin de la période le salaire moyen des machinistes à 119 309 $ annuel.
Boeing a déclaré que le coût du conflit pour Boeing a été de plus de 5 milliards de dollars (hors financement des mesures)…